Portraits d’aujourd’hui

Portraits d’Aujourd’hui…de A à Z

 

  • Frédéric Gourdon émotion et partage

Frédéric GOURDON
Frédéric GOURDON
Arrivé à Pézenas en octobre 2010, le « nouveau »  directeur du service culturel inscrit peu à peu sa marque personnelle dans l’aventure collective de la culture et s’impose en douceur dans le paysage piscénois…
« l’important c’est le lien social, c’est prendre en compte toutes les composantes de la société….une mise en vie de la ville, du mieux possible, pour tout le monde »

 in extenso Article de Nicole Cordesse dans L’Ami de Pézenas décembre 2012 N°63 p17

 

J’ai la chance d’avoir, 8, rue du château, deux artistes pour voisins que j’aimerais vous faire connaître..
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Nicole Martin, réservée et mystérieuse, est partie d’un question simple : Comment fait-on un livre ? Et ce désir de produire un livre l’a conduite au dessin. Désir si fort qu’elle a recopié de bout en bout, au pinceau, le texte d’un ouvrage de Marcel Jouhandeau, Images de Paris, auquel elle a apporté des illustrations…./….

 

 

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Bernard Devaux est, lui aussi, passé par l’École des Beaux-Arts pour devenir peintre, sculpteur et architecte décorateur. Après son service militaire, il monte des scénographies pour les Charbonnages de France, aménage la “maison du Gabon” habitation expérimentale, puis un jardin suspendu au-dessus du Sénat. Vers 1960, il travaille pour le journal Elle, comme architecte décorateur. Parallèlement, il se livre, lui aussi, au dessin, à la peinture et à la sculpture. Il lui est d’ailleurs parfois reproché d’être peintre et sculpteur plutôt qu’architecte. Cela ne l’empêche pas, par exemple, de se charger de la partie technique pour les 1800 m2 du drugstore Saint-Lazare, la difficulté consistant à créer deux étages de sous-sol, alors que l’immeuble continuait à être habité…./…

 

 

  • Marie-Ange Mathieu  Pour que vive Platon ! par Nicole Cordesse 

mamathieu2014 Marie-Ange Matthieu est agrégée de philosophie et a fait l’essentiel de sa carrière de professeur au Lycée Jean Moulin de Béziers. Elle enseignait, entre autres philosophes, Platon, et elle décide un jour de le mettre en scène. On voit évidemment l’intérêt qu’on peut retirer d’une telle expérience ! Platon sorti de son statut livresque, ses idées devenues sonores, ses démonstrations plus percutantes. L’aventure s’est poursuivie après le lycée, quand les lycéens sont devenus étudiants. Et a continué ensuite avec des comédiens professionnels et la création de La Compagnie des Amis de Platon. Marie-Ange assure la mise en scène, son mari Jacques la communication, la technique et la gestion, l’objectif de ces amoureux de la philosophie étant « de rendre leur fraicheur et leur fécondité à des textes qui parlent des préoccupations qui sont toujours les nôtres ! »
La Compagnie des Amis de Platon
Les amis de PlatonL’aventure a commencé en 1984, suivie de nombreuses années de fidélité à la Grèce, aux philosophes athéniens Platon et Socrate, et aux fameux dialogues qui font les beaux jours des cours de philosophie … Depuis le 6 janvier et jusqu’au 10 avril 2014, Marie-Ange est en tournée, accompagnée de Jacques, son époux et de trois comédiens, Gérard Mascot, Olivier Cabassut, et Simon Guibert. Point de départ : 5 jours à Paris. Ce sont ensuite plus de 30 villes qui accueillent La Compagnie des Amis de Platon. Le 3 avril, « La République » de Platon sera jouée à L’Illustre Théâtre, partenaire de cette philosophique et hellénique aventure, mais aussi acteur, en la personne de son directeur qui s’entoure chaque soir du tribon de Socrate…./….

 Propos recueilli par N. Cordesse – Article in extenso dans le Bulletin  l’Ami de Pézenas Mars 2014

 

 

  • Yves Rouquette le Poète d’Oc par Nicole Cordesse 07-01-2015

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Yves Rouquette est décédé dimanche soir,  4 janvier 2015,  à 78 ans à son domicile de Camarés en Aveyron.
«Cathare né à Sète en 1936, ami du paléolithique Joseph Delteil, défenseur du Larzac, troubadour de la langue d’oc, conteur, traqueur d’insolite, guetteur de merveilleux, fou de gens, fou d’images, fou de lettres, beau parleur, ouvrier du verbe, poète- romancier- nouvelliste- homme de théâtre, littérateur généreux, fils, amant, père, travailleur d’utilité publique – c’est sa définition de l’écrivain – frondeur…et poète avant tout !»
(Auteurs en scène, Les Presses du Languedoc, 2004)
C’est un des plus grands écrivains et poètes occitans d’aujourd’hui qui vient de nous quitter. Yves Rouquette a publié de nombreux ouvrages en occitan et en français. La plupart de ses recueils poétiques sont en version bilingue. Quant il n’écrivait pas en occitan, Yves Rouquette racontait l’Occitanie, son histoire, ses légendes, ses croyances, sa terre, ses villes, ses habitants. La passion de la langue d’oc l’a conduit à traduire en occitan les œuvres d’écrivains tels que Valéry, Rimbaud, ou Proust…, pour « voir sa langue adopter les chefs d’œuvre d’ailleurs ».
Toujours prêt à la défendre, toujours prêt à l’exalter, le poète d’oc était venu parler de cette langue d’oc tant aimée dans le cadre des Rencontres Littéraires en octobre 2004. Avec son enthousiasme et sa drôlerie, dans la Salle Bonnafous sous le charme, il nous en avait fait goûter toutes les saveurs.
« La poésie fait partie de mon existence et c’est pour moi un travail d’utilité collective. C’est aussi un exercice spirituel, quelque chose qui me mène du côté de la prière, de la méditation, de la nuit obscure… La langue d’oc… je l’aime, c’est tout !»
Ayons une pensée pour Marie Rouanet, son épouse, rencontrée récemment lors de sa conférence sur le peintre Jean Hugo au Musée Paul-André Benoit (PAB) d’Alès.

 décès de Yves Rouquette – article de Nicole Cordesse 8-01-2015

  • Paul Selmer ou les trompettes de la renommée

Paul SELMER

Paul SELMER

Les piscénois en restaient cois: Paul Selmer, l’icône des bals populaires, allait donner le 6 janvier un concert de musique classique dans le  théâtre de Pézenas fraîchement restauré, là où précisément il avait débuté son apprentissage.
-«  Finies alors les fêtes,  les trompettes et les  jupettes ?» se  lamentaient déjà les fans.
La question méritait d’être tranchée. Rendez-vous fut donc pris avec l’étonnant chef d’orchestre osant braver les règles de la bienséance musicale, car dans ce milieu réglé comme du papier à musique, on n’aimait guère le mélange des genres, des portées et des notes.
Elle se rendit donc chez lui, accompagnée de Françoise, l’Amie de Pézenas  à la mémoire digne de Mnémosyne ; à deux, elles perceraient mieux les secrets d’un orchestre s’offrant à la métamorphose.
Paul Balsier, alias Paul Selmer, droit dans sa tête et dans ses bottes, est à l’image de sa réputation d’homme jovial mais tenace et combatif . Difficile alors de l’interrompre quand il se met à  retracer sa vie aspirée par la musique et inspirée, dès son enfance, par des fanfares défilant au parc sans souci. Mais à six ans, impossible d’apprendre à jouer du clairon ou de la trompette ! Depuis belle lurette, l’harmonie municipale dirigée par Louis Carayon avait rendu l’âme . Cependant, impressionné par l’entêtement du gamin et dix de ses  copains, tous curieux de cuivres et de musique, l’ancien fanfaroniste en chef accepte de la ressusciter. Commencent alors dans le vieux théâtre de Pézenas, sous les plâtres qui se délitent et l’embout de l’unique clairon passant de bouche en bouche, des répétitions à haut risque. Et c’est la révélation ! Il sera musicien et non courtier en vin comme le voudrait son père . Ensuite, tout fait boule de neige : la maîtrise du solfège et du trombone à coulisses grâce à Maurice Guérin ; les bœufs entre copains qui mûrissent ; la rencontre avec le blues et la musique de Chris Barber ; la première formation orchestrale s’inspirant du jazz New-Orleans et  dont il devient le chef parce qu’il est le seul dont les parents possèdent un téléphone…. Mais l’aventure tourne à l’échec.…
Orchestre de variétés Paul SELMER

Orchestre de variétés Paul SELMER

Qu’à cela ne tienne ! A dix-sept ans, la vie est encore devant soi et la ferveur toujours aussi fébrile ! Après une étude de marché digne d’une école de commerce, on se réoriente hardiment, car si la mode est aux chanteurs yéyé, la demande est  très forte en orchestres à danser. Le choix s’impose de lui-même malgré le père de Paul, violoniste à ses heures et conseiller musical avisé, qui doute de la réussite et ne veut pas qu’on associe son nom à la nouvelle formation.
L’orchestre de variété s’appellera donc Selmer du nom de la célèbre marque française de saxophones, clarinettes et becs, laquelle est au saxophone Mark VI ce que Stradivarius est au violon ; quant au prénom, on prendra celui de Paul pour éviter la confusion avec Henri, clarinettiste réputé et fondateur, en 1885, de la Maison Selmer. L’ autorisation de celle-ci est déjà dans la poche et avec elle, l’obligation morale de l’excellence. Le public, qui ne s’en laisse pas facilement compter, adoubera l’orchestre et pendant quarante ans le fera voler de succès en de succès .
Aujourd’hui, l’ensemble régional, qui est passé de sept à vingt-six membres et qui s’est enrichi de danseuses et de chanteurs de qualité, s’est lancé un nouveau défi :
Quatuor Classique Paul SELMER

Quatuor Classique Paul SELMER

Faire interpréter les plus beaux airs classiques par les musiciens de l’orchestre dont personne n’a jamais su qu’ils avaient été primés au conservatoire, une manière discrète et généreuse d’honorer leur savoir et leurs médailles.
C’est ainsi que les solistes concernés Patrice Poret, François Diaz, Franck Lopez ou Nicolas Sanchez  peuvent  désormais à leur guise, le maestro dans les coulisses, jouer du Bach ou du Mozart dans les théâtres ou les églises, de quoi donner envie de retourner à la messe..
Mais rassurez-vous les filles ! Le reste de l’année, Paul Selmer continuera à vous faire rêver car avec lui, « jupe froissée «  ou « cheveux décoiffés », vous serez toujours les plus belles pour aller danser . « Croix de bois, croix de fer, si je mens je vais en enfer ! »
                                                       Reine Serrano

 

CONSULTEZ LE SITE DE PAUL SELMER

 

  • François Siffre faïencier stylé du « Vieux Montpellier » par Reine Serrano

faiencefsiffre Article L’Ami de Pézenas n°67 décembre 2013 p23